Nous avons parcouru 800 km avec le Ural Gear Up 2026 entre Paris et les Vosges. Ce test complet évalue le comportement routier, la propulsion 2WD, le confort au quotidien et la fiabilité du modèle phare d'Irbit.
Le contexte du test
Nous avons récupéré le Gear Up 2026 chez le concessionnaire parisien avec 47 km au compteur — une machine fraîche, en cours de rodage. L’objectif : 800 km en cinq jours entre Paris et les Vosges, en mélange routes nationales, départementales et quelques excursions hors bitume dans les forêts vosgiennesq.
Le Gear Up nous a été confié dans la livrée “Gris Oural” de 2026 — un gris ardoise mat sobre, avec une caisse de sidecar en contraste bordeaux très discret. Un soin dans les finitions qui témoigne des progrès réalisés par IMZ-Ural depuis la période trouble des années 1990.
Notre équipe de test : un conducteur avec trois ans d’expérience sur sidecar Ural Tourist (premier contact avec le Gear Up 2WD) et un passager régulier. Les observations recueillies reflètent ces deux perspectives. Pour comprendre les spécifications complètes du modèle, consultez notre guide des modèles Ural 2026. La technique de conduite sidecar est également un préalable important pour tirer le meilleur de ce test. Les passionnés de la culture sidecar francophone trouveront dans ce test un reflet fidèle de l’esprit Ural.
Prise en main : les premières impressions
La position de conduite du Gear Up 2026 est légèrement rehaussée par rapport aux modèles précédents. La selle conducteur, revue pour 2026, offre un meilleur soutien lombaire sur les longs trajets. Positive.
Le guidon est large, les commandes bien placées. La commande de 2WD (un levier supplémentaire à gauche du guidon) est intuitive : position arrière = 1WD, position avant = 2WD. Le verrouillage du levier est ferme et ne risque pas d’engager accidentellement.
Démarrage moteur : l’injection EFI fait son travail. Même par la fraîcheur matinale des Vosges (8°C au thermomètre), le moteur reprend en deux tours de démarreur, sans raté, sans noyage. Bonne nouvelle pour les sorties de printemps et d’automne.
Sur la route nationale : fluidité et confiance
Sur les 400 premiers kilomètres — quasi-exclusivement sur routes nationales et départementales — le Gear Up se montre confiant. La vitesse de croisière de 85 km/h est confortable pour les deux occupants. La stabilité en ligne droite est excellente, supérieure à celle des anciens modèles à carburateur que nous avons conduits.
La consommation relevée sur cette portion : 8,2 L/100 km. Avec le réservoir de 19 litres, l’autonomie théorique est de 232 km. En pratique, nous recommandons de faire le plein tous les 180-200 km pour conserver une marge de sécurité.
Un point notable : la boîte de vitesses du 2026 est plus précise que celle que nous avions testée sur un modèle 2023. Les rapports s’enclenchent nettement, sans l’imprécision parfois reprochée aux boîtes Ural de la première décennie 2000. Un vrai progrès.
Dans les Vosges : virages et dévers
Les routes vosgiennes sont exigeantes pour un sidecar : virages serrés, dévers prononcés, revêtement parfois inégal. C’est là que le Gear Up révèle son caractère.
Virages à gauche : à vitesse modérée (50-60 km/h), le Gear Up est prévisible. La roue du sidecar ne tend pas à se soulever si on respecte une ligne souple. À 70 km/h dans un virage serré, il faut être prudent — la machine demande l’anticipation.
Virages à droite : plus faciles qu’à gauche, comme sur tout sidecar. La résistance du guidon est prononcée, mais progressivement agréable une fois intégrée dans les réflexes.
Le dévers : c’est peut-être le point le plus intéressant. Sur route avec dévers marqué (accotement surélevé côté sidecar), l’Ural tire plus fortement vers la droite. Il faut contre-corriger. Rien d’insurmontable, mais ça demande de l’attention.
Le 2WD en action : test hors route
Jour 3, nous quittons l’asphalte pour un chemin forestier boueux et détrempé par les pluies récentes. C’est ici que le Gear Up justifie son prix premium.
L’engagement du 2WD se fait machine arrêtée, levier poussé vers l’avant. On sent immédiatement la différence : là où la roue arrière de la moto avait tendance à patiner légèrement, les deux roues travaillent ensemble et la progression est assurée.
Le treuil — testé brièvement sur une pente herbeuse humide — fonctionne comme attendu. La puissance est suffisante pour sortir la machine d’une situation délicate, même avec le passager à bord.

Confort sur long parcours
Après 300 km dans la journée (le plus long segment), le conducteur et le passager font un bilan honnête.
Conducteur : la selle 2026 tient ses promesses. Pas de douleur lombaire malgré les routes inégales. Les vibrations du moteur bicylindre à plat se font sentir mais ne sont pas fatigantes. Bilan : très correct pour ce type de machine.
Passager sidecar : position confortable sur route lisse, plus chahutée sur routes forestières. Le dossier de caisse, réglable, permet une position semi-inclinée appréciable sur les lignes droites. L’exposition aux éclaboussures en cas de pluie reste un désagrément inhérent au concept.

Consommation et coûts réels
Sur l’ensemble des 800 km du test :
- Consommation moyenne : 8,6 L/100 km
- Carburant consommé : environ 69 litres de SP95
- Coût carburant au tarif moyen mai 2026 : ~117 €
Pour un véhicule de 360 kg avec deux occupants et bagages, cette consommation est raisonnable. À titre de comparaison, une BMW R 1250 GS avec sidecar aftermarket affiche une consommation similaire voire supérieure.
Verdict
Le Ural Gear Up 2026 est la meilleure version de l’Ural que nous ayons conduite. Les améliorations progressives des dix dernières années ont produit une machine fiable, agréable et réellement polyvalente. Le 2WD n’est pas un gadget : dans les situations qui justifient son usage, il délivre.
Points forts :
- Fiabilité au rendez-vous sur 800 km
- Injection EFI bien calibrée
- Boîte de vitesses améliorée
- 2WD fonctionnel et rassurant hors bitume
- Finitions en progrès
Points à surveiller :
- Prix élevé (le segment le plus cher de la gamme)
- Poids important (360 kg) pour les manœuvres à basse vitesse
- Consommation en légère hausse vs Tourist (moteur plus sollicité)
Note finale : 8/10 pour une utilisation mixte route/aventure. Le choix naturel pour qui cherche une Ural polyvalente capable d’aller là où les autres ne vont pas.
Pour les lecteurs qui souhaitent comparer avec une alternative européenne, notre comparatif Ural vs BMW sidecar aborde les différences de philosophie entre les deux constructeurs. Et pour ceux qui envisagent l’achat d’une Ural d’occasion, notre guide d’achat recense les points de vigilance essentiels.
Questions fréquentes
Les modifications du Gear Up 2026 restent mineures par rapport au 2025. Ural a revu la cartographie d'injection pour améliorer la réponse à mi-charge et a légèrement modifié la géométrie de selle pour plus de confort sur longs trajets. La palette de couleurs est également renouvelée.
En conditions normales sur route plate, le Gear Up 2026 atteint environ 100-105 km/h en vitesse de pointe. La vitesse de croisière confortable se situe entre 75 et 90 km/h. Ces performances sont volontairement modestes : l'Ural est conçu pour l'endurance et la fiabilité, pas la vitesse.
Oui, le 2WD du Gear Up est une fonctionnalité réellement utile hors bitume. Lors de notre test, nous l'avons utilisée dans un chemin forestier boueux et dans un champ humide. Dans les deux cas, le 2WD a permis de passer là où un 1WD aurait pataugé. En usage routier, le 2WD reste inutile — et légèrement problématique si engagé par inadvertance.
Le Gear Up est techniquement plus complexe (2WD, treuil, plus lourd) qu'un Tourist, mais reste parfaitement accessible à un débutant qui prend le temps d'apprendre. Nous recommandons une demi-journée de formation sur un parking avant la première sortie routière.
Après 800 km intensifs, nous avons vérifié les niveaux d'huile (aucune consommation anormale), la tension des câbles (légère détente du câble de frein arrière), et le jeu des rotules de sidecar (dans les normes). Le Gear Up 2026 ne nous a pas surpris en dehors de ces vérifications de routine.